Michaël, l' Horus vivant
Par Giauque Cédric
Réalité, Temps de Séthy 1er.
Le commando de secours, composé d' Ooshi, de Topd, de Mackoll et de deux enseignes terminait de donner les premiers soins aux hommes de la garde pharaonique tombés en sincope à l' explosion de la porte de l' aviso. Le commandant, plus aguerri que ses hommes, que Topd avait qualifiés de screums, chochottes en traduction littéraire du galactique standard, reprenait contact avec la réalité.
Quand tous ses souvenirs furent rassemblés, en bon ordre dans sa mémoire, il se leva d' un bond et, sortant son épée de son fourreau en cuir, fit face aux nouveaux arrivants des étoiles :
<<- Par Amon !... Etes- vous des Dieux ou des envahisseurs ? >>
<<- Ni l' un, ni l' autre soldat. Nous venons au secours d' un ami. Répondit Ooshi en avançant les bras largement écartés du corps, signe de paix dans l' Empire, par l' entremise de son traducteur universel. Nous cherchons de l' aide pour traverser ton beau pays. >>
Le chef des soldats donna de rapides coups d' oeil aux alentours. Il se rappelait bien l' étoile de verre qui tombait du ciel, fendant cette tempête de sable surnaturelle. Mais force lui était de constater que d' étoile, il n' y avait de trace nulle part.
Ooshi, comprenant le trouble qui s' emparait du commandant, fit un geste d' apaisement en s' avançant encore plus près. Le soldat égyptien recula et pointa sa lame plus haut :
<<- Pourtant je n' ai pas rêvé, mes hommes aussi ont vu votre étoile de verre. Qu' en avez- vous fait ? Par quelle magie... >>
<<- La tempête vous a tourné la tête, à toi et tes hommes, mon ami. Nous avons perdu nos chevaux dans celle- ci et nous te demandons assistance pour retrouver notre ami au plus vite, car un grand danger le guette. >> Menti Ooshi, la navette d' extraction, complètement hors d' usage, avait été sacrifiée à la continuité de l' histoire et à ses paradoxes par Topd, pendant la syncope de ces screums d' égyptiens.
<<- Et comment s' appelle cet ami si précieux ? >>
Bon point : la lame s' abaissait de nouveau. Ooshi et ses compagnons échangèrent un bref regard... au point où ils en étaient...
<<- Aarun, le connais- tu ? >>
<<- Celui- là même qui se fait appeler empereur dans son royaume ? Si c' est le cas, c' est très... fâcheux ! >>
<<- Oui, cela correspond à mon ami. Pourquoi fâcheux ? >>
<<- Parce que si un danger guette l' invité de mon roi, alors pharaon est en danger car ton ami est avec lui. Mais tu as de la chance dans ton malheur, nous devons retrouver pharaon au plus vite, il en va de la survie de la Grande Egypte. >>
Etonné, Ooshi demanda plus d' information. Le commandant de la garde d' abord réticent à divulguer des secrets d' Etat à un parfait inconnu, compris vite que les intentions du groupe d' inconnu étaient bienveillantes.
En expert du commandement, il jaugea bien vite le commandant de la garde impériale pour lui faire totalement confiance, quelques centiars plus tard. Ensembles, pendant que les screums retrouvaient leurs esprits, ils conçurent un plan pour aller au plus vite au devant du navire royal.
Ooshi, comprenant l' urgence de la situation, certainement dûe à la présence des deux Lucifer sur Terre au même moment, dérogea à la plus élémentaire règle en la circonstance, et tant pis pour les paradoxes et leurs conséquences : Il sorti de sa besace de cuir synthétisée son communicateur :
<<- Synoom, ici Ooshi. Demandons transfert moléculaire sur le pont. Le point sur moi, et pout TOUT le monde ! >>
<<- Commandant, ici Synoom. Les transferts moléculaires sont interdits par l' Empereur. Je vous rappelle qu' à chaque téléportation il... >>
<<- Hé, là haut...! Je te demande pas un cours sur les règles de l' Empire, mais un transfert !! Alors tu appuyes sur tes boutons et tu me transportes tout ce petit monde sur le pont. Je prends toutes les responsabilités. >>
Le commandant égyptien eut à peine le temps de demander ce qu' était cet objet et d' où venait cette voix, qu' ils s' évaporèrent de la surface des sables d' Egypte dans un rayon de transfert moléculaire.

Ramsès, Aarun et Séthy arrivaient au but de leur voyage. Enfin, l' empereur allait connaître le fin mot de toute cette histoire et comprendre comment son nom pouvait être écrit sur un mur vieux de plus de 700 ans standards.
Séthy avait ordonné à ses marins, de solides gaillards, de prendre les rames et de souquer ferme, afin d' accélérer le lent déplacement qu' offraient les voiles et le courant du Dieu Fleuve.
Les soldats- gardes royaux- marins s' exécutèrent sans tarder et bien vite, le navire fendit les flots d' une bonne allure résignée.
Profitant du reste de temps jusqu' à destination, Pharaon invita Aarun à passer dans l' intimité de la cabine.
Il voulait préparer Aarun aux forces magiques qu' ils rencontreraient :
<<- Avant la fin de la matinée, nous seront à la fin de notre voyage. Mais un autre voyage nous attendra alors. Un voyage bien plus périlleux et dangereux. Car le lieux où nous nous rendons est un lieu d' éternité, un antre sacré et secret. Mais un lieux mille fois maudit également, tant le roi qui y repose a fauté envers nos Dieux, notre Pays mais surtout contre le peuple d' Egypte qu' il a trahi. >>
<<- Akhenaton !!! >>
Aarun n' avait pû s' empêcher de prononcer le nom qui ne figurait plus sur aucun bas- relief. Un nom que l' on avait pour devoir d' oublier.
<<- Nous allons dans la tombe d' Akhenaton ? C' est bien ça, le but de notre voyage ? >>
<<- Mais... comment peux- tu... ? Encore un des nombreux pouvoirs de ton Dieu ? >> Demanda, effaré, Séthy premier.
<<- Non, pas du tout, c' est difficile à expliquer, bredouilla l' Empereur de Cresta qui voulait en rester au pays étranger plutôt que d' expliquer qu' ayant passé son enfance sur Terre, il l' avait appris en cour d' histoire, aux alentours de dix ans, mais cela rend encore plus étrange le fait que mon nom figure sur un bas- relief, car celà fait quand- même quelques 60 années que ce roi est mort.>>
<<- Et pourtant, il y figure, crois- moi. Mais ce que tu vas voir, c' est la magie toute puissante d' Horus, c' est de là seulement que tu trouveras les réponses à tes questions. >>
<<- Tu ne m' a toujours expliqué dans quel but mon nom figure sur ce bas- relief. >>
Aarun regardait son interlocuteur par en- dessous. Il lui faisait ainsi comprendre qu' il était grandement temps de passer un peu plus loin dans les confidences. De plus, connaître à l' avance une situation, du moins en partie, était toujours un avantage en cas de situations dangereuses.
Pharaon expira longuement. L' Empereur n' aurait sû dire si c' était là un soupir ou une expiration.
<<- Je ne le sais pas moi- même, mon ami. Ce bas- relief n' est en fait qu' une liste. >>
<<- Une liste de quoi ? >>
<<- Une liste de nom. Des noms qui ne nous sont pas connus ici, en Egypte. Mais comme tous les Pharaons connaissent cette liste que nous apprenons lors de notre voyage d' intronisation, j' ai pensé que tu pourrais trouver une signification à tout celà. >>
Et voilà, c' était enfin dit. Pharaon ne savait absolument rien de la signification de cette liste où son nom figurait. Aarun compris que le roi des Deux Terres venait, autant que lui, chercher des réponses.
Aarun se sentit tout à coup bien seul. Loin de l' Empire, loin de Dieu qu' il ne percevait toujours pas.
Il en était là dans ses pensées, lorsque la cabine s' irisa d' une pâle lueur, qu' un picotement se fit sentir dans l' air. Aarun se leva d' un bond et força Séthy à se câler contre un mur.
Pharaon, habitué au corps à corps crû d' abord que l' Empereur l' agressait. Prêt à se défendre il posa sa main sur sa dague quand il s' arrêta subitement dans son élan de légitime défense. Les yeux grand ouverts et la mâchoire prête à se décrocher, il fixa l' apparition d' hommes de sa garde et d' égyptiens moyens, des fellah probablement.
Alors il compris qu' en fait, Aarun, l' avait tiré d' un bien mauvais pas. Même un égyptien de la 19ème dynastie pouvait comprendre qu' il ne faisait pas bon être sur les lieux exact d' une apparition.
Qui, de plus, s' avérait donner des êtres matériels, et qui ressemblaient à de vrais soldats, de vrais paysans.
Comprendre était une chose, le supporter psychologiquement en était une autre...
Pharaon s' évanouit devant une si grande magie.

Réalité- prime, 700 ans standards plus tard.
Stuudman et Boojyi, le soldat et le caporal- artilleur, n' en revenaient pas. Ce qu' ils contemplaient dépassait l' entendement, compte tenu du lieu, à savoir les Enfers. Jamais dans tout l' Empire, quelqu' un aurait parié sur l' existence de ce lieux.
En effet, après avoir parcouru des kilomètres de couloir sombres de ce qui semblait être une tombe très ancienne, ils avaient accédé à cette salle dotée de tout l' équipement ultra- sophistiqué de l' Empire. Qui plus est, sur Terre, berceau des Enfers.
Mais le caisson de stase qu' ils venaient de découvrir en prime de tout un arsenal, les laissait pantois. Surtout l' inscription qui courait le long du caisson, en galactique :
" Soldats, protégez l' Empereur ! "
<<- Vas voir, t' attends quoi ? >> Dit Stuudman en poussant du coude son caporal.
<<- Je ne sais pas, j' ai peur de comprendre... >>
<<- Va bien falloir y aller, non ? >>
<<- Je crois... oui ! >>
<<- Bon, je te couvre ! Assuras Stuudman >>
D' un regard en coin, Boojyi contempla son subordonné :
<<- Et qu' est- ce qu' on risque après tout. Lâcha-t' il en s' avançant. >>
<<- Surtout que je te couvre ! >>
Le caporal- artilleur se pencha alors sur la vitre du caisson de stase. Ce qu' il y vit le glaça d' effroi. Il reconnaissait l' homme qui était là- dedans : Aarun 1er.
Boojyi, rassuré par le manque de protection du caisson, s' avança lui aussi, pour contempler la personne qui pouvait être assez folle pour se mettre en stase en Enfer :
<<- Houlaaa ! C' est qui je pense vraiment ? Tu trouves pas que ça devient un peu tordu comme aventure ? >>
<<- Bon ! Je crois qu' il faut que l' on réfléchisse deux minutes ! >> Lança Boojyi en posant les fuseurs.

Depuis la passerelle de l' Enterprise, le spectacle aurait pû être grandiose. La part d' univers situé entre la Terre et le vaisseau scintillait de milles feux. Une onde se propageait depuis la Terre, visible qu' aux seuls yeux de l' Impératrice. La force maléfique pure ondoyait de cellules de débarquement en cellules de débarquement, englobant et broyant au hasard de sa course. Les cellules explosaient alors, en une gerbe de feu, une gerbe de sang. Car voilà où le beau finissait, chaque lueur était synonyme de la mort d' un soldat.
Joyce, seule face au destin de l' Empire, entamait une riposte, au maximum de ses pouvoirs. Bizarrement, ils auraient dû être nettement supérieurs à ceux d' Asmodée, mais quelque chose clochait visiblement. Elle arrivait à peine à fléchir la course de l' onde du Démon, n' évitant la mort qu' à peu de ses soldats.
Le commandeur de l' Enterprise, de son côté, coordonnait les tirs des autres vaisseaux, sur la cible, c' est à dire une faille perdue au milieux d' un désert aride, source du signal de l' empereur depuis peu.
A l' abri de leurs champs de forces, les bâtiments pilonnaient la surface de la planète sacrilège, en un faisceau continu. Ce qui avait l' avantage de déstabiliser Asmodée, et qui plus est, de laisser souffler l' Impératrice, visiblement mise en échec.
Les premières cellules touchèrent enfin la surface et se posèrent avec fracas, non loin des hordes de démons. Aussitôt, les soldats foncèrent en se regroupant par sections, au devant des hordes qui, comprenant le dangers, s' étaient retournées contre eux.
Les premiers soldats à disposer d' armement lourd installèrent en hâte leurs engins de mort, et les tirs de disrupteurs sifflèrent dans les rang démoniaques.
La guerre venait de prendre un nouveau tournant.
Maintenant elle était sans règles, car Dieu n' y veillait plus.

Réalité, temps de Séthy 1er.
La première chose qu' Aarun entendit après la matérialisation du commando de secours et de la garde égyptienne fût :
<<- Mais c' est quoi cette maladie de toujours s' évanouir ? C' est un pays de screums ici ? >>
Bien sûr la réflexion ne pouvait venir que de Topd, toujours enclin à mettre les pieds dans le plat. Aarun, passablement énervé, lui rappela deux- trois règles de bienséance à toujours appliquer en visite officielle, dont la première était de ne pas traiter le plus haut dignitaire d' une civilisation de " chochotte ".
Ceci fait il écarta Ramsès de la tente et entreprit de faire un point rapide de la situation avec Ooshi, profitant des vapeurs de Pharaon. Une fois mis au courant des renseignement que lui apportait son second, Aarun pardonna des téléporteurs.
En effet, lors d' une téléportation, Aarun avait remarqué qu' une différence de masse moléculaire d' à peine 10 puissance -100' 000 survenait lors de la reconstitution du téléporté. Bien que la différence fût infinitésimale, elle existait. Cette remarque avait provoqué l' ire des scientifiques de l' Empire, du moins dans un premier temps. Bien entendu, quand l' empereur avait demandé où allait cette infime partie de matière, personne n' avait osé avancer une hypothèse, d' autant que jamais on ne s' était attardé sur cette partie de particule subatomique perdue.
En précaution, aarun avait alors décrété le transfert moléculaire comme adéquat seulement en cas de force majeure. Autrement, dans tous les autres cas, les navettes remplaceraient les télépods. Et là, il fallait bien l' avouer, c' était un cas de force magistralement majeure. Alors que pharaon avait repris ses esprits, aidé en celà par une dose de vitalisant administré par Mackoll, Aarun avait appris coup sur coup la présence des deux Lucifer sur Terre, de l' attaque d' Astaroth, et, avant cela, du voyage qui fit remonter le temps au Synoom et de l' expédition scuicide de Boojyi et Stuudman sur la Terre, devenue les Enfers dans la réalité- prime. aarun dû s' asseoir pour digérer le flot d'informations.
Séthy, qui de son côté s' était entretenu avec le commandant de sa garde, s' approcha de l' Empereur, la mine défaite. Il n' avait pû s' empêcher, en homme avisé, d' écouter la conversation d' Aarun et d' Ooshi qui avaient oubliés de déconnecter leurs traducteurs.
<<- Mon ami, je crois qu' il faut nous unir. Nos deux mondes sont au bord du chaos. Mais avec ta magie... >> laissa planer Séthy, en faisant référence aux apparitions de tout à l' heure.
<<- Je le crois aussi. Dit Aarun dans un soupir. Très bien, nous allons mettre nos cartes ensembles et élaborer un plan. >>
A ce moment le capitaine du navire annonça qu' ils étaient arrivés à destination. Séthy fit débarquer tout le monde et les soldats montèrent le camp. Aucun des soldats égyptiens partis de Thèbes ne posèrent de questions à ceux apparus par magie. Personne n' entama de conversation, car tous s' en méfiaient. Ce qui arrangeait les deux souverains, car ils n' avaient vraiment pas le temps d' expliquer le comment des choses. Le fait que l' Egypte fût un pays où la magie de Pharaon était reconnue de tous, aida également au silence.
Ainsi, Aarun, Ooshi, Topd et Mackoll pour l' Empire... Séthy, Ramsès et le commandant pour l' Antiquité, tirent un conseil que la continuité du temps ne permettait pas.
Une fois tous les éléments connus de tous, une longue réflexion s' engagea. Toutes les idées étaient examinées, mêmes celle, farfelues comme d' habitude, de Topd. Protégé par tous les soldats, égyptiens et impériaux, lances et fuseurs, le conseil dura toute la nuit, tant la situation était complexe. Harassé, les participants devenaient un peu nerveux. La fatigue aidant, une certaine tension s' était installée. Les vannes de Topd n' arrivaient même plus à faire sourire Aarun.
Ramsès, excédé par les gigotements de celui- ci l' interpella :
<<- Il est indécent de s' agiter comme vous le faites, en présence de Pharaon. De plus vous ne cessez de vous gratouiller les... la... enfin... fini-t' il, rouge de honte en remarquant où cela l' emmenait. >>
Aarun posa sur son artificier un regard lourd. Topd, assis à même le sol depuis le début du conseil, tenta de s' excuser, plein de bonnes volontés .
<<- Je m' excuse mon Prince. Mais je ne suis pas habitué à vos vêtement et, comme il fait chaud... le sable, vous comprenez ? >>
<<- Le sable quoi ? >> Demanda Ramsès.
Topd regarda Aarun qui lui fit comprendre du regard qu' il ne le couvrirait pas cette fois. L' Empereur adorait regarder Topd, le fort en gueule, en train de se faire ramasser.
<<- Ben... ça me gratte les parties, vous comprenez ? A même le sol, en pagne... comment faites- vous pour ne pas vous arracher la peau, c' est intenable ! >>
<<- On se met une étoffe autour des hanches. >> Répondit Ramsès qui n' y comprenait rien
<<- Parce que tu es nu sous ton pagne ? >> railla Mackoll. L' atmosphère se détendait.
<<- Ha non ! Ne me dites pas que vous avez tous... >> s' arrêta l' artificier outré.
<<- Est- ce que l' on peut m' expliquer ce qui se passe ici ? >> Tonna Aarun qui commençait à trouver que la discussion dérapait sérieusement.
<<- On avait dit rien de notre temps ! >> Cette fois, Topd était rouge comme une pivoine.
<<- Rien qui ne se voye ! >> Relança une Mackoll morte de rire.
Tout le monde compris alors de quoi il retournait. Le fier à bras se promenait sans ses sous- vêtements depuis le début de l' expédition de sauvetage. Et tous rirent aux éclats en regardant le grand guerrier se décomposer en une chose cramoisie. Il ne pensa plus alors à rien d' autre que de retrouver le confort de son uniforme.
Tout son uniforme !
Séthy, le premier à se reprendre, demanda à ce que tous fassent une pause. Il fit servir un repas que les gardes avaient préparé et le vin rafraîchit les gosiers asséchés par l' âpre discussion qu' ils venaient de laisser de côté, le temps de reprendre des forces.
Discrètement, Topd prit Ooshi à part :
<<- Tu peux me prêter ton communicateur ? >>
<<- Et avec qui veux- tu parler ? >>
<<- Avec le Synoon, pour demander un transfert moléculaire. >>
<<- Les transfert sont toujours interdits.>>
<<- Sauf pour un cas de force majeure ! Et pis je m' en fiche si je n' ai pas 10 puissance moins machin chose de mon slip, je te garantis que ce qu' il restera me suffira ! >>
Nouvel éclat de rire.
La crise était passée.

Chénar trouvait que la vie était belle. Le vizir avait eu vent des troubles survenus au palais. Après avoir fait une offrande au dieu maudit, Seth, par là- même L' sifer, il avait fait convoquer officiellement les deuxième prophète et les généraux félons, pour une réunion de crise, et mettre au point les détails de la prise du pouvoir pharaonique.
Non loin de là, Amensès, toujours en mission d' espionnage pour le compte de la grande épouse royale, n' avait manqué aucun détail sur l' identité des traîtres. Il s' apprêtait à s' en retourner faire son rapport, quand un bruit attira son attention :
<<- Je sais que vous espionnez depuis un moment déjà ! >>
Amensès se retourna d' un bloc. comment s' était- il fait surprendre, lui qui s' enorgueillait d' être passé maître dans l' art délicat des filatures. Quelle ne fût pas sa surprise lorsqu' il identifia la propre femme du vizir. Prêt à tuer s' il le fallait, il attendit qu' elle fasse un second pas vers lui, dans la confidence.
De fait, l' épouse de Chénar, voulant se protéger d' une condamnation à mort pour complot contre les dieux, lui expliqua de long en large le peu de détails qu' elle connaissait des plans de son mari.
Amensès, voyant là une autre ruse lui proposa de l' accompagner de ce pas auprès de Touya. Chose étonnante, elle accepta. Bien que ne comprenant pas un si brusque revirement de position, le chef de la police thébaine s' exécuta.
Laissant là le vizir et ses comploteurs, il escorta la dame jusqu' au palais royal.

Touya venait d' écouter le récit du scribe amené par Nébou, le diplomate- espion. La situation était grave, pour ne pas dire complètement chaotique.
Gardant sa prestance en toutes occasions, le poid de la situation égyptienne l' avait contrainte à s' asseoir. Nébou, le scribe et le premier prophète de Karnak attendaient patiemment que touya leur dicte ses directives.
C' est à ce moment- là qu' un éclair apparu au milieux de la pièce et qu' une forte odeur d' ozone se fit sentir. Comme par magie, Séthy apparu, seul et par magie, au milieux d' un spectacle incroyable d' étincelles bleutées. Nébou et le scribe s' agenouillèrent aussitôt tandis que le premier prophète se demandait de quelle magie usait Séthy.
Le transfert moléculaire achevé, tous, même Touya, purent constater que c' était bien Pharaon qui venait d' apparaître.
Touya se précipita dans les bras de son mari tant aimé et l' embrassa aussi avidement que la situation du pays était précaire.
Reprenant le contrôle de l' état, Séthy prit la parole :
<<- Je suis au courant de tout ! De la trahison de Chénar aux temples qui saignent. Mais nous avons un allié de force avec notre grand Aarun. C' est sa magie qui m' a permit d' apparaître devant vous, en mon palais. >>
<<- Connais- tu aussi la situation des troupes hittites à nos frontières ? >> Demanda Touya.
<<- Ha... non. Il y a encore pire ? >>
<<- Nous sommes au bord de l' invasion, mon aimé. >>
Et le scribe de devoir reraconter tout ce qu' il savait. Quand il eut fini, Séthy était plus sombre que jamais. Voilà qui contrariait les plans de batailles mis au point avec Aarun et les soldats, dans le delta du Nil, quelques minutes auparavant son transfert, à l' aide du Synoom.
A ce moment, dernier rebondissement, Amensès, accompagné de la femme du vizir, fit son entrée dans la salle du trône, qui commençait nettement à ressembler à un vieux moulin, bien que cette expression ne fût pas encore inventée.
Séthy fit sortir tout le monde, sa belle- fille ayant demandé le huis clos. Seuls Touya et Amensès restèrent présent. La femme du vizir, toujours pour sauver sa tête, raconta ce qu' elle savait de la félonie de son mari, des généraux et du deuxième prophète de Karnak. Quand elle arriva au terme de son récit, Séthy voyait plus clair dans les desseins des Dieux, du moins dans ceux de son fils.
Il fit rentrer ceux qui étaient sortis et ordonna au premier prophète :
<<- Tu vas de ce pas retourner à Karnak et convoquer tous les prêtres. Tu leurs fera passer un interrogatoire serré afin de connaître le nom de ceux qui complotent contre Amon. Tous ceux dont tu douteras de la foi réelle en nos Dieux, tu les excommunieras. Tous ceux qui s' avéreront être des traîtres à leurs fonctions seront condamnés à mort selon les lois de Karnak. Vas, et fais régner la loi de Maat ! >>
<<- Et pour le sang, Majesté ? >>
<<- Jai plus urgent pour l' instant. Ne fais pas nettoyer les temples, juste les statues de nos Dieux et leurs naos. Le nettoyage des temples fera l' objet d' un petit spectacle d' ici deux jours, en attendant ouvre Karnak aux yeux de tous, que tous sachent que Karnak à saigné, cela rendra encore plus fort le pouvoir de l' Egypte. >>
<<- Mais Majesté... le peuple... les prêtres... la panique... >>
<<- Je t' ai donné un ordre, mon ami ! >>
Le premier prophète s' inclina et sorti se mettre à la tâche donnée par pharaon.
Ses os ne le soutenaient que très difficilement avec l' âge, mais son esprit était toujours aussi vif.
Trouver les félons serait un jeu d' enfant.

Séthy transféré à son palais pour reprendre les rennes du pouvoir, il ne restait que Ramsès pour accompagner Aarun dans la tombe d' Akhenaton. Ramsès et bien sûr les membres de la garde impériale, soit Ooshi, Mackoll et Topd. Les soldats égyptiens n' avaient en aucun cas le droit de pénétrer dans un lieu sacré, qui plus est dans la demeure d' un roi, fusse-t' il hérétique.
Une petite butte de terre surplombait une faille dans la roche. Ramsès s' y engagea le premier et se dirigea d' un pas assuré vers le fond de celle- ci. Il fit face à une paroi naturelle, sans issue apparente. Il entra son bras dans une anfractuosité de la paroi et tourna un verrou invisible aux yeux des visiteurs du futur. Une dalle coulissa, laissant apparaître un couloir descendant dans les entrailles de la terre. Ramsès s' y aventura et, muni d' une pierre à feu, entreprit d' allumer une des dizaines de torches entreposées dans une niche.
Aarun sorti son fuseur et, d' un trait de feu, alluma la totalitédes torches. Ramsès, s' inclina devant lui pour marquer tout son respect à la magie de l' Empereur, prit une torche et d' un mouvement de la tête, invita la troupe à le suivre dans le boyau sombre.
De salles en corridors richement décorés, Le prince d' Egypte emmena ses compagnons dans un dédale baignant dans les plus noires ténèbres. Ici apparaissait une tête de chacal, là une tête d' ibis, et tout cela donnait une atmosphère encore plus pesante à l' ensemble.
Au bout d' un bon quart d' heure de marche dans le souterrains, ils atteignirent enfin ce qui semblait être la dernière salle. Immense, haute de plafond elle mesurait bien 50 mètres sur 60. Le plafond, taillé dans la roche, comme le reste, culminait à environ 6 mètres. De fait les torches peinaient à éclairer l' ensemble mais donnait une ambiance orangée, oppressante au lieu.
<<- Nous y sommes mon ami ! dit Ramsès d' une voix lourde des conséquences que ses mots semblaient sous- entendre. >>
Aarun fit un tour d' inspection silencieuse. la salle était plus que richement décorée. Des pages et pages du Livre Des Morts y était représentées. Des pages dont il n' avait jamais entendu parler, des pages encore plus secrètes qu' aucun document retrouvé depuis lors, sur la terre du 20ème siècle. Des pages qui pourraient s' apparenter au Manuscrits de la Mer morte, pour les chrétiens, beaucoup plus tard. s' arrêtant devant une liste de cartouches, il se tourna vers Ramsès :
<<- Et c' est ça la liste pour laquelle nous sommes venu ici ? >>
<<- Oui, c' est elle. Répondit le prince en le rejoignant. Elle débute ici. >>
Et Ramsès entreprit la lecture des noms sacrés pour l' éternité :
<<- Le roi Scorpion, Narmer, Aha, Djer, Ouadji, Deouenn, Adjib, Semerkhet, Kaa, Hotepsekhemoui,..., ..., Ouserkaf, Sahourê, ..., ..., Merenrê, ..., Sésostris, ..., Nefrousobek,...Thoutmosis,..., Ramsès, ..., Sethnak, ..., Piankhi, ..., Ptolémée, ...Cléopâtre, ..., et enfin Césarion. Là sera la fin des pharaons. C' est un secret que j' aurais voulu ne pas porter. Termina Ramsès dans un murmure fait de soupirs. >>
Aarun fit le tri dans ses idées, tant cette lecture avait étée envoûtante :
<<- Pourtant il y a encore des noms plus bas, à quoi corresponde- t' ils ? >>
<<- C' est là que nous avons besoin de toi, mon ami. Cela ne ressemble pas à une véritable liste, mais semble plutôt énumérer quelques personnes qui seront importantes pour le monde futur. Et vu que ton nom en est le dernier...>>
<<- Ce n' est pas d' un très bon présage... Laissa plâner l' Empereur >>
<<- Ce truc ne nous donne pas la date de la fin du monde quand même ? s' immisça Topd. >>
Ramsès reprit les rennes de la conversation :
<<- Nous n' avons jamais pû comprendre ces symboles étranges, ici, au dessus de la liste. >>
<<- Je comprends, c' est du galactique standard, un vieux galactique même ! s' étonna Aarun. >>
Topd s' avança :
<<- Ici sont les noms à venir des Dieux futurs. >>
<<- Pas Dieux, Souverains ! Corrigea Aarun. >>
<<- Chipoteur ! >>
Aarun, malgré les yeux choqués de Ramsès devant tant d' irrespect, ne releva pas l' offense, habitué à son subordonné. Tournant alors un regard complice vers le prince :
<<- Il ne sait plus ce qu' il fait quand il ne peut pas faire tout exploser... Puis reprenant : Bon, voyons cette liste, il semble qu' à chaque fois il y ait un cartouche et sa traduction en galactique. ça ne vas pas être trop pénible de savoir de quoi il retourne. >>
Et Aarun commença, comme Ramsès auparavant, de lire la liste mystérieuse :
<<- Yéésus, Mahamett, Criss' Naa, ..., et enfin : Aarun. >> Termina l' Empereur dans le même murmure envoûtant que son ami juste deux centiars de cela.
Un silence caverneux s' installa. Les membres de la garde Impériale avaient compris de quoi il s' agissait. Cette liste était tout simplement un fragment du Plan de Dieu. Comment cette liste était arrivée là, mystère, mais une chose était sûre : elle n' aurait jamais dû être connue par des humains de l' Empire, encore moins par des humains de la Terre, surtout en si lointaine époque.
<<- Mais pourquoi faut toujours qu' on se retrouve à la fin du monde ? A chaque mission c' est pareil ! On pourrait pas juste une fois, je sais pas, ... défricher une forêt pour implanter un hôpital pour enfants, un truc tranquille et pas dangereux quoi !?! >> Voulu humoriser ce bon vieux Topd.
Aarun se remis à lire la liste encore une fois en se détachant de sa signification, pour en capter un sens caché. Il ne voyait pas de détails qui explique cette liste en ce lieu, en cette époque :
<<- Je suis désolé, Ramsès, je ne vois pas ce que je pourrais faire de plus que de lire cette liste. Il n' y a pas l' ombre d' une instruction, pas de clé pour trouver un message caché. j' ai bien peur que ce ne soit qu' une simple liste de noms. Par- contre sa place ici est un réel mystère.>>
<<- Nous pouvons demander de l' aide... >>
Ramsès pressa sur un symbole : Ankh, le symbole de la vie. Gravé dans la paroi à la suite de la liste, celui- ci s' enfonça légèrement dans la paroi. Une petite dalle coulissa en raclant le sable qui s' était introduit dans le mécanisme caché. Ramsès plongea alors sa main dans la niche secrète et en sorti un appareil fait de métal : un tricordeur.
Un vieux modèle X J-0.1, l' ancêtre du tricordeur utilisé dans l' Empire sous le règne d' Aarun.
Une antiquité pour l' empire.
Un anachronisme pour l' Egypte.

