Michaël, l' Horus vivant
Par Giauque Cédric
Réalité, temps de Shéty 1er.
Lucifer se délectait de la situation. De plus, pour une fois, il aurait immanquablement le dessus. Ne comptait- il pas, en effet, de l' aide de soi- même? Comment perdre dans ce cas, il allait enfin prendre sa revanche sur la Chute.
Il jeta des sorts puissants tout autour de lui. Occupant ainsi Aarun et Michaël, trop désireux de protéger leurs amis, il avait tout loisir pour détruire un à un les lieutenants des deux Empereurs. Commençant par celui qui l' énervait le plus, il s' attaqua à Topd. Ce lieutenant- là l' agaçait avec ses remarques censées être drôles. combien de fois l' Orion ne l' avait- il ridiculisé, voire humilié, devant ses démons ? Cette fois il allait payer pour tous ses affronts.
Concentrant son énergie maléfique, il entreprit de lui tordre le cou. L' Orion se battait bien, mais sa tête commençait néanmoins à bel et bien tourner.
Aarun vit cela et dû choisir très vite de lâcher la défense de ses autres hommes et de Ramsès, pour intervenir en faveur du cou de Topd. il relâcha son emprise défensive sur les sorts de Lucifer- prime. Ce revirement de stratégie eut un effet bénéfique sur les vertèbres de topd, mais désastreux sur Ramsès. C' était lui qui encaissait à présent, la rage de Lucifer.
<<- Michaël ! Le prince ! >> Hurla Aarun.
Michaël augmenta son fluide dans la protection du Prince. Ce fut alors le cou de Mackoll qui se mit en mouvement involontaire. La situation devenait critique et Lucifer- prime n' était même pas entré dans la danse.
Reprenant ses esprits, Topd compris que pour gagner la bataille contre les Maîtres des Enfers, il faudrait utiliser toutes les forces nécessaires. De fait, il fit ce qu' il savait le mieux faire: attaquer à grands renforts d' explosifs.
La salle se remplit d' un nuage gris de particules. Une ôdeur âcre de poudre et de différents composants chimiques imprégna chaques molécules d' air.
Raguel, Uriel, Gabriel et Phénuel sortirent eux aussi leurs fuseurs et se mirent a lancer des éclairs d' énergie a travers la salle, en direction des deux entités maléfiques. Remiel, encore sonné, peinait a reprendre ses esprits.
Ramsès, protégé par le champ de force de michaël, regardait la scène de bataille avec un oeil incrédule. ce qu' il voyait dépassait son entendement. Des dieux si bons pouvaient- ils se permettre de se laisser a pareille démonstration de bellicisme ? Comment des dieux si sages pouvaient- ils se rabaisser à pareil jeu de guerre, sans respect ni règles ?
Lucifer- prime fit enfin son entrée dans la bataille. Il se contentait pour l' instant de dévier les tirs adverses, mais tous savaient que le Démon supérieur pouvait bien plus. S' il lui prenait l' envie de s' y mettre sérieusement, les vies des hommes de l' empire ne vaudraient pas tripette.
Aarun se posait justement la question quand Lucifer hurla un ordre à son acolyte:
<<- Qu' attends- tu ? Ils sont à nous, maintenant. Tues- les ! >>
Lucifer- prime se concentra, tout en continuant de dévier les tirs ennemis de façon subconsciente. Une aura noire d' encre se forma autour du Démon. S' il ne s' était s' agit du signe de la fin pour l' Empire, le spectacle aurait été hypnotisant de volutes et de flammèches. Le Mal transpirait de l' âme de Lucifer- prime, tandis que Lucifer savourait déjà Sa victoire.
Se tenant prêt à pulvériser son Frère du passé, il encourageait Lucifer- prime, en psalmodiant avec Lui, les incantations sinistres devant donner vie à une grande force de destruction.
L' aura noire de lucifer- prime, commença a tourner autour de Lui. De plus en plus vite, elle se centra au niveau du plexus du démon. Le noir se fit encore plus noir et tous pouvaient sentir le froid émaner de cette boule de maléfices surpuissant. Lucifer- prime arriva au bout de son incantation et regarda la puissance contenue entre ses mains, devant Lui.
Il passa la salle en revue, et sourit. Un sourire fait de rage et de fourberie, un sourire mauvais qui ne laissait rien présager de bon.
Topd croisa ce regard et répondit au sourire en rentrant la tête dans les épaules. quitte à mourir, autant que ce soit en combattant pour une juste cause, se dit- il.
Il arma les grenades au cromium enrichi, et tout en continuant de mitrailler du fuseur, lança sa première grenade, première d' un stock impressionnant. il allait mourir certe, mais avant il serait fidèle à lui- même, il ferait tout sauter.
<<- Griij anf mughiool spreeth' ! >> Cria l' Orion dans le chuintement des propulseurs de la grenade. Ce qui fut traduit par le traducteur universel par :
- Prends ça dans ta face de pet ! Aux oreilles du Prince d' Egypte, qui le prit comme un grand cri de guerre du futur, ceci passa tout de même pour un blasphème. Il se promit de s' en souvenir s' il en réchappait, ce personnage grossier tout vert, couleur de la mort, devrait répondre de ses mots devant son père.
Lucifer- prime esquiva la grenade mais fut bousculé par le souffle de l' explosion. Il tint bon, cependant, et regarda Topd droit dans les yeux. Le sang de l' Orion se glaça et il se figea une micro- seconde qui lui parut des minutes. Résigné dans l' attente de sa mort, Topd réarma son arme et engagea la grenade suivante, dans le canon de son arme.
Au moment où il pressa la détente de tir secondaire, le regard du démon changea imperceptiblement. Son sourire mauvais accentua son rictus de haine et Topd entendit nettement dans sa tête la voix de Lucifer- prime:
<<- Prépares- toi et ne te trompes pas de cible ! >>
La boule de nuit fusa alors à travers la pièce.
Topd pressa le détente et la grenade ragea dans l' air.

Ooshi n' avait rien manqué de l' audience de Chénar. En effet, Séthy pendant son passage par le téléporteur, avait été muni d' un communicateur. Chénar congédié, le pharaon devait s' occuper de l' armée hittite. il avait été convenu, avec Aarun, que toute la technologie du Synoom serait mise a profit pour empêher une invasion, qui de fait ne s' était jamais produite.
Le seul problème, c' est que l' armée égyptienne ne serait sur place que dans un bon mois, par la route usuelle.
Pharaon embrassa son épouse, Touya, sans lui expliquer quoi que ce soit sur sa nouvelle magie. Il fallait parer au plus pressé: les Hittites.
Ooshi, toujours en orbite dans le Synoom, donna alors l' ordre à Saaba d' opérer un transfert moléculaire sur le sujet du Pharaon.
Séthy se décomposa dans un éclair d' énergie, en envoyant un doux baiser à sa chère Reine. Ses molécules effectuèrent le voyage jusqu' aux frontières du Pays des Deux Terres d' avec le Hatti, en un rien de temps, à la vitesse de la lumière.
Séthy apparu alors en haut d' une dune, surplombant l' armée d' Hattousil. Celle- ci se préparait à envahir l' Egypte plus tôt que prévu, il était temps.
Déjà, les chars étaient ordonnés en ligne parfaite, prêts à donner le rythme de la progression en terres égyptiennes. Les fantassins s' activaient derrière les chars, dans un brouhaha de chocs entres boucliers.
Personne n' avait encore remarqué Séthy.
Une voix s' éleva au- dessus de tout ce remue- ménage, amplifiée par un champs d' ondes en provenance du Synoom :
<<- Hittites, Moi Séthy, je vous ordonne de faire demi- tour et de rentrer chez vous. Dans le cas contraire je me verrais obligé de déverser sur vous toute ma colère. >>
Hattousil et ses généraux se retournèrent en direction de la frontière. il virent effectivement un homme seul sur le haut de la dune qui les cachait aux yeux des lignes de guetteurs égyptiens. aussitôt, Hattousil lança des signaux discrets en directions des éclaireurs cachés dans le sable, tout en haut de la dune. Ceux- ci répondirent aussi discrètement qu' il n' y avait pas l' ombre d' un Egyptien de l' autre côté.
Séthy était seul.
Aussitôt en possesion de l' information, Hattousil donna l' ordre d' abattre le Pharaon. Une volée de flèches s' élança au devant du souverain égyptien et terminèrent leur course en éclats de feu. ooshi avait prévu un bouclier de protection.
L' effet fut rapide dans les rangs hitiites. Une rumeur enfla, Pharaon détenait une grande magie.
Voyant son armée commencer à douter, Hattousil lança ses chars à l' assaut de la dune. Toute grande fut la magie de Pharaon, il ne pourrait rien faire seul contre cent chars lancés à toute allure.
Séthy ne bougeait pas. quand les chars furent à mi- chemin, il écarta les bras dans un geste théâtral et l' impossible s' accomplit: des centaines de chars, de fantassins et d' archers apparurent sur le haut de la dune. Les soldats égyptiens hurlèrent en direction de l' armée hittite et les chars arrêtèrent leur folle course.
Après une courte hésitation, ils rebroussèrent chemin, redévalant la dune, la peur aux trousses, cette fois- ci.
Séthy regarda à droite, puis à gauche, admirant son armée. Mais il ne savait que faire. Ces soldats pouvaient- ils se lancer à la poursuite des chars envahisseurs?
La réponse vint d' elle- même quand les soldats se floutèrent, puis disparurent. Séthy resta là encore un court moment, puis se dématérialisa, lui aussi.
Il se retrouva presque instantanément dans sa salle du trône, face à son épouse.
Ne restait plus qu' à espérer qu' Hattousil avait compris le message et renoncerait à ses projets d' envahir l' Egypte.
Séthy écarta les bras et Touya vint s' y lover.

Réalité- prime, 700 ans standards plus tard.
Reconnaissant l' empreinte psychique de son père, Joyce s' était dirigée vers la salle de téléportation. Faisant fi des réserves édictées par son feu son père ressuscité à propos de l' utilisation de cette technologie, elle se fit téléporter sur la planète des Enfers.
Maintenant rematérialisée à la surface de la Terre, elle cherchait son père du regard. L' air était tout bonnement irrespirable de fragrances de chairs brûlées. Mais si le nez était mis à rude épreuve, c' est les oreilles qui souffraient le plus. Joyce n' arrivait pas savoir qui, des cris de douleur ou du fracas des armes, étant prédominant sur la plaine.
Elle sentait la touche psychique de son père caresser son âme, mais avait du mal à le repérer, tant le bruit lui vrillait le cerveau. Enfin elle vit.
Elle devait avoir croisé son regard au moins dix fois depuis sa matérialisation, mais ne l' avais pas reconnu. quelque chose avait changé dans ses gestes, son regard, son attitude. En fait, Joyce comprit que c' était tout son père qui avait changé. Il était investi d' une force aussi belle que grandiose. Une force qui explosait du moindre pore de son cher papa.
Une force qui semblait l' avoir rendu fou.
<<- Joyce, ma fille. Enfin...! >>
<<- Papa ? Ca va ? Tu... tu as l' air étrange... >>
<<- Etrange ? S' étonna sincèrement Aarun. Tu trouves Dieu ... étrange ? >>
<<- Tu n' es pas Dieu ! >>
Aarun encaissa. Un feu se mit a brûler dans ses yeux, Joyce en sentait la chaleur sur sa peau. Elle n' aurait pas étée Impératrice qu' elle se serait tordue de douleur. Mais même si elle contrôlait parfaitement son corps et son esprit, la peur fit irruption brusquement dans ce dernier. Une peur qui la tétanisa, tant son père semblait... inatteignable, au propre comme au figuré.
Aarun desserra les dents et lança, dans un souffle :
<<- Et qu' est- ce qui fait un Dieu, d' après toi ? J' ai été investi de ses pouvoirs, que veux- tu de plus ? Tu es la fille de Dieu, Joyce ! Il n' en est pas autrement et les règles ont changées. Je vais en finir une bonne fois pour toute avec le Mal. Rasons cette planète et lançons- nous tous les deux, a la poursuite de ceux qui pourront fuir avant que nous en ayons fini ici. >>
<<- Papa, resaissis- toi, voyons. Tu ne vas rien raser, si tu es dieu tu dois bien savoir que respecter l' équilibre est prim... >>
<<- Suffit ! Tonna Aarun. Il ne sers à rien de discuter plus longtemps. Viens, nous avons du travail ! >>
Ceci dit, Aarun se tourna vers la plaine. Il commença une incantation dans une langue que joyce ne connaissait pas. Pourtant elle compris intuitivement que c' était une incantation monstrueuse, tant les forces qui convergeaient vers son père étaient terrifiantes. Des forces de toutes natures, bonne et mauvaises, arrogantes et fourbes, vicieuses et assoiffées.
Dans un dernier râle, Aarun se préparait à lancer son sort sur la plaine, afin d' éradiquer les démons qui s' y trouvaient.
Joyce eut une pensée pour ses soldats qui combattaient là par sa faute. Elle s' interposa entre son père et ses hommes, croyant pouvoir arrêter son père.
<<- Si tu n' es pas avec ton Dieu, tu es contre Lui ! >> Cracha Aarun dans un vague sourire.
Un rictus de haine.
Et le sort traversa Joyce.

Saan avait tout vu sur l' écran principal et pourtant il n' en croyait pas ses yeux. Aussitôt les commandant des autres vaisseaux, qui avaient tous suivi la scène également, lui demandèrent des explications.
Mais Saan n' avait aucune idée de ce qui se passait. surtout, il ne savait pas ce qu' il devait faire. Joyce était l' Impératrice, mais Aarun avait la primauté sur elle. Cependant, Tous les vaisseaux de l' Empire se devaient de protéger les mondes du vaste Empire, mais surtout et avant tout, l' Impératrice Elle- même. Ce principe était- il aussi valable si le père mort d' un souverain tuait ce dernier ?
Devant l' absurdité de la question, Saan ne pu prendre qu' une décision, qu' il transmit aussitôt à tous les vaisseaux de guerre : Attaquer l' Empereur, car si celui- ci s' en était pris à Joyce, c' est qu' il n' avait rien avec Aarun, que tous avaient servi avant sa mort, trois ans auparavant.
Tous les vaisseaux firent feu sur Aarun, sans demander plus de précisions.
D' abord, ils crurent pouvoir crier victoire.
Puis ils virent les sorts d' énergie qui sortaient de l' atmosphère.
Ils filaient droit vers les vaisseaux.
Tous les vaisseaux.

Réalité, temps de Séthy 1er.
Uriel fut le premier touché par le sort de Lucifer. La boule de Mal ne s' arrêta pas pour autant, elle fonça sur Phénuel, puis faucha Gabriel, n' en laissant que de la cendre. Raguel fut éliminé par Lucifer, qui profita de la stupeur de ses adversaires et de la baisse de résistance de l' ennemi.
Topd ne savait pas comment interpréter les paroles du jeune Lucifer- prime. Flairant le piège, il dirigea son arme vers la boule qui semait le carnage dans sa traînée maléfique. Il vit Aarun se rapprocher de Ramsès, dans une dérisoire tentative de le protéger. L' artificier eut le temps de se demander si Aarun pourrait arrêter la boule sans se faire tuer, quand le sort sembla freiner sa course devant l' Empereur.
Victoire, s' exclama intérieurement l' Orion, qui eut mauvaise conscience d' avoir douté de l' Empereur. Puis, dans la même seconde, il comprit qu' Aarun n' y était pour rien, tant sa concentration était tendue vers la protection de Ramès, contre qui se déchaînait maintenant Lucifer.
Il tourna son regard vers Lucifer- prime qui le fixait maintenant des yeux. Topd avala péniblement sa salive et s' apprêta à... rien en fait, il se compris totalement dépassé par ce qui se passait dans cette salle.
C' est là qu' il réentendit la voix de Lucifer- prime, dans sa tête. Comme une idée qui s' imposait petit à petit, mais qui devenait à mesure si éclatante de simplicité.
Il se tourna totalement face à Lucifer, cette fois- ci. Il n' eut même pas a attendre, car déjà la boule maléfique se déplaçait à une vitesse incroyable en direction du Démon du futur.
<<- Mais...? Que...? >> Eut encore le temps de s' étonner un Lucifer vraiment surpris par la manoeuvre.
La force du sort l' enveloppa entièrement et Topd compris instinctivement qu' il lui fallait agir impérativement.
Il engagea une mini- grenade thermonucléaire dans son arme. Avant de tirer, il rendit attentif l' empereur sur sa munition par un cri d' alarme:
<<- Aarun, un champs de force, maintenant! >>
L' Empereur, voyant que Lucifer était bien mal en peine avec le sort lancé par Lucifer- prime, lança tous ses pouvoirs en avant, élevant un champs de force entre Lucifer et eux. Avant que le dit champs de force ne soit tout à fait stabilisé, Topd pressa la détente, et la mini- grenade se lança dans son vol destructeur.
l' Orion lâcha un :
<<- Preenusha agbar djiidraa' ! ><
Ce que le traducteur fut incapable de traduire.
Le champs de force psychique d' Aarun tint bon.
Lucifer moins face à la mini- grenade de Topd.

Sur le Synoom, Saaba et Saan virent les graphiques des senseurs exploser. Après de rapides vérifications et scannages de la surface de la Terre, Ssaba émit une hypothèse.
<<- Il s' agit d' une explosion thermonucléaire de faible puissance, je dirais une mini- grenade. >>
<<- Et vous en concluez quoi ? >> Demanda le commendeur du vaisseau impérial.
<<- Que Topd ne doit pas être loin... >> Laissa planer le scientifique de la garde, dans un vague soupir de découragement.
<<- Vous avez pu définir la position ?>>
<<- Oui, c' est situé sous terre, une sorte de chambre secrète. >>
<<- Est- elle a portée de téléporteur ? >>
<<- Oui, mais ça devient une manie ces histoires de téléporteur ! >>
<<- Faites vos calculs pour ne pas nous envoyer dans les cailloux, mais bien au milieu de cette chambre. Je me rends tout de suite là- bas avec une brigade d' intervention. >>
Saaba se retourna et interpella le Commendeur qui se dirigeait, presqu' en courant, vers la sortie de la passerelle :
<<- C' est de la folie d' y aller sans savoir ce qui s' y passe vraiment ! >>
<<- Si Topd fait des siennes près de l' Empereur, c' est qu' il est en danger... j' appelle ça une situation d' urgence. >>
Saaba acquiesça du chef, tout en se remettant au travail.
<<- Ca se discute, en effet... >> Murmura- t' il.

Dans la salle, la fureur de l' explosion retombait. Les oreilles bourdonnaient et les yeux clignaient pour s' habituer à nouveau à la lumière de la pièce.
Aarun, tentait tant bien que mal de tenir debout, mais plié en deux par l' effort tomba à genoux devant Lucifer- prime qui s' était avancé devant lui. Michaël fonça contre le Démon, mais celui- ci leva les mains a hauteur des épaules, pour signifier qu' il ne tenterait rien. Il se tourna vers Topd, et, dans un regard réprobateur:
<<- J' ai cru un moment que tu ne ferais rien. >>
Puis, tendant la main vers Aarun :
<<- Relèves- toi, je crois qu' il vaut mieux en rester là, qu' en dis- tu ? >>
Aarun prit la main offerte et se releva. Il regarda son ennemi de toujours et d' après.
<<- Je crois qu' on va rester sur un match nul, non ? >> Relança Lucifer- prime.
<<- Je crois surtout qu' on a des choses à mettre au point, toi et moi. >> Répondit Aarun.
Et Aarun présida une sorte de conseil de paix entre Michaël et Lucifer- prime, pour le bien de la Terre. Cependant, avant de parler, Topd, Mackoll, Ramsès et Rémiel furent renvoyés dans le souterrain. La discussion a venir ne regardait que ceux qui décideraient du sort de l' univers.
Quand l' accord fut trouvé, Lucifer et Michaël, suivit de Rémiel s' en allèrent d' où ils étaient venus. Le vaisseau d' Astaroth fut relâché de l' emprise du Synoom et s' empressa de rentre dans une fenêtre d' hyperespace, sans demander son reste, ni réparations des affronts subis.
Ramsès fut remis sous la protection du capitaine du navire de Séthy, qui fut chargé de rapatrier le Prince à Thèbes. Personne n' osa demander quoi que se soit au Prince, sur les navires, tant il semblait grandi et détenteur d' une force nouvelle. Un aplomb de Pharaon inné.
Ramsès ne posa aucune question à Aarun non plus. Celui- ci l' en remercia intérieurement.
La flotte de Pharaon, s' éloignant sur le Nil, Ramsès osa une seule question :
<<- Nous reverrons- nous, mon ami ? >>
<<- Nous nous reverrons. >> Promi l' Empereur.
Quand les bateaux se furent suffisamment éloigné, Aarun sorti son communicateur et appela le Synoom. Il demanda à transférer tout un tas d' appareil de survie, de l' armement et même un caisson de stase. Quand il eut passé sa commande, il se tourna vers Topd et Mackoll :
<<- On a encore un sacré boulot ici... >>
Et les trois compagnons attendirent la réception du matériel à l' ombre de la faille.
Rien n' indiquait que le sort de la planète venait de se jouer ici.

